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23 juin 2016

Rythmes scolaires : quand un sujet de fond se perd dans l’organisation du temps périscolaire

Déclaration CTSD du 24 juin 2016

La réforme des rythmes scolaires est de nouveau à l’ordre du jour.

Alpha et omega de la refondation, que d’énergie, de tensions et de frustrations n’a-t-elle suscitées ! Les premiers constats viennent de tomber :

Tout d’abord, si les effets de la réforme sur les résultats des élèves sont encore impossibles à établir, la cinquième matinée est appréciée pour les possibilités qu’elle offre sur le plan pédagogique. Des interrogations se posent néanmoins sur l’alourdissement des semaines des enfants et parfois aussi sur l’accroissement de la complexité de leurs journées.

Concernant l’école maternelle, la réorganisation des après-midi, plus courtes qu’auparavant, a réduit les temps d’apprentissages après la pause méridienne. Cette réduction affaiblit le bénéfice de la matinée supplémentaire. Pour les petites sections, le bilan semble un peu plus positif, sous réserve de la réelle fréquentation scolaire de cette cinquième matinée.

À l’école élémentaire, la réorganisation des enseignements semble avoir surtout bénéficié au français et aux mathématiques, qui étaient déjà favorisés dans les répartitions horaires et qui se repositionnent majoritairement sur les cinq matinées. Les sciences, les arts et surtout l’éducation physique et sportive apparaissent, un peu plus encore qu’auparavant, en danger. Les taux d’absence enfin inquiètent, surtout en maternelle, surtout le samedi, et peut-être – mais cela doit être vérifié –- en éducation prioritaire.

Toutes ces assertions, que nous avions déjà énoncées, ne sont pas le fruit d’une énième analyse de la part du SNUipp-FSU ou de la FSU : il s’agit des conclusions principales du rapport 2015-042 de l’IGEN.

Les affirmations ministérielles au sujet du lien mécanique, voire même presque magique, entre nouveaux rythmes scolaires et réussite des élèves se trouvent quelque peu ébranlées. Certains constats vont même à l’encontre des buts recherchés.

Les sciences, les arts et surtout l’EPS pâtissent de la nouvelle organisation scolaire.

Pourtant, ces matières sont également importantes dans le développement de l’enfant. Elles participent aussi à la construction du vivre-ensemble et d’une culture commune intégratrice, missions essentielles de l’Ecole.

Le risque est grand d’une prise en charge de ces enseignements par le périscolaire. Nous n’accepterons aucune substitution du périscolaire au scolaire. L’enseignement de ces matières revient à l’école ! En maternelle, cette nouvelle organisation ne semble pas répondre aux besoins de cette classe d’âge.

Par ailleurs, ce rapport confirme ce que nous avions dénoncé dès le départ :

« L’organisationnel a été au centre de toutes les attentions, au détriment des questions pédagogiques. »

« Les TAP, dans les faits, ont d’abord très majoritairement consisté à combler le temps laissé vacant par la réduction de la journée de classe.

L’appréciation des enseignants, telle que les inspecteurs généraux ont pu la lire en marge des réponses aux enquêtes ou l’entendre au cours des entretiens, est le plus souvent négative et peut se résumer alors en deux mots : inefficacité et inégalité.

Inefficacité car les élèves sont fatigués en fin de journée et sont excités – voire « ingérables » – lors du retour en classe à l’issue des temps d’activité périscolaires organisés sur la pause méridienne, ce qui induit une perte de temps de travail efficace dans des demi-journées déjà réduites après les modifications des horaires ; cette perte de temps peut se trouver accrue lorsque s’ajoutent des problèmes que les enseignants doivent traiter du fait de l’occupation de la salle de classe pour les activités périscolaires.

Inégalité de la qualité et du niveau d’ambition des activités proposées qui s’échelonnent sur une offre allant de la découverte de l’équitation ou de l’initiation musicale à des activités de découpage/collage ou, fréquemment pour les jeunes enfants, de coloriage. Cette inégalité se traduit aussi par le fait que plus de la moitié des communes font payer ces activités.

Dès la fin 2014, nos collègues s’inquiétaient d’une plus grande fatigue des élèves, de difficultés en maternelle, des inégalités d’offre périscolaire liées aux capacités de financement des communes.

Ils disaient aussi que cette réforme avait dégradé leurs conditions de travail. 

Ce dossier est donc loin d’être clos. De nombreuses évolutions sont indispensables. Les organisations de l’année, de la semaine et de la journée doivent être remises à plat.

Cela nécessite l’écriture d’un nouveau décret sur l’aménagement des temps scolaires afin de gommer les difficultés relevées dans ce rapport.

De plus, mieux apprendre n’est pas qu’une affaire de rythmes. Loin de là.

Le ministère doit se consacrer prioritairement aux dimensions pédagogiques de la réussite scolaire. Cela implique, entre autres, de faire baisser le nombre d’élèves par classes, d’amplifier le dispositif « plus de maîtres que de classes », de recréer des postes RASED et de proposer aux enseignants une formation continue, aujourd’hui toujours en friche.

Vous trouverez ci-dessous le rapport de l’Inspection Générale

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reforme_des_rythmes_scolaires

 

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