www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 91

Vous êtes actuellement : ACTIONS 

fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF impression s'abonner  à la rubrique {}
9 janvier 2017

Enquête APC : synthèse des commentaires de l’enquête auprès des collègues

Quelques éléments statistiques sur les remontées

Ecoles : 413 commentaires sur 2 030 déclarations Personnels : 2820 commentaires sur 10 465 déclarations

Il faut entendre par « déclarations » les écoles et collègues qui, au 25 novembre 2016, avaient répondu à la deuxième enquête du SNUipp-FSU sur l’effectivité de la mise en œuvre de la consigne d’arrêt des APC (la première était relative à la déclaration d’engagement qui avait dépassé l’objectif annoncé de 35 000).

1/ Dans les grandes lignes

La question de l’intensification du travail

C’est le point qui remonte le plus, et de partout. 

Les APC, les conditions et le contexte de leur mise en œuvre, attirent majoritairement les critiques. Elles sont révélatrices des contrôles tatillons de la hiérarchie, de la désorganisation de la vie professionnelle et personnelle avec les nouveaux rythmes scolaires, du sentiment d’être à flux tendu, de vivre de plus en plus des conditions de travail préjudiciables au travail en équipe.

Le travail en équipe tourné vers le fait de rendre compte à l’institution est vécu comme une surcharge, comme une expression du poids de la machine administrative, quand celui tourné vers la classe est vécu comme un retour à un plaisir professionnel. La question des APC est de façon importante prise par le prisme des conditions de travail, et moins en terme statistique par la question pédagogique.

Que font-ils de la consigne ?

Quatre types d’activités de remplacement :

- un décompte des activités déjà effectuées (réunions, animations pédagogiques, 10 minutes d’accueil notamment quand elles sont organisées sous forme de projet spécifique, mise en place des nouveaux dispositifs d’évaluation, appropriation des nouveaux programmes...) ou une comptabilisation générale du temps de travail réel ;

- l’augmentation des rencontres avec les parents. C’est souvent le fait des collègues engagés dans la consigne de façon isolée, qui ne peuvent donc pas s’engager dans un travail en équipe ;

- de l’autoformation, ou l’amélioration des outils de classe, notamment en terme de différenciation ;

- du travail en équipe pour des projets qui agissent sur le temps de classe, projets qui permettent de relancer des dynamiques d’équipe, et qui se traduisent parfois par du travail supplémentaire par rapport aux APC mais fait avec plaisir.

2/ Dans le détail

Retours de ceux qui ont arrêté les APC

Dans les déclarations individuelles : 79% soutiennent l’action du SNUipp-FSU. Dans les déclarations écoles : 62% soutiennent l’action du SNUipp-FSU.

Sur le fond

Ça déborde !

La question du temps revient très souvent. Celle du travail « invisible » à reconnaître

« beaucoup trop de travail invisible, de plus en plus même, des journées qui n’en finissent pas des nouveaux programmes \"balancés\" sans aucune information ni animation pédagogique, des APC qui n’aident pas les élèves, beaucoup plus d’heures d’animations pédagogiques que les 18 h légales tout cela fait beaucoup… »

« Merci de mener cette bataille ... la charge de travail devient effectivement beaucoup trop lourde ! »

Les APC sont jugées inefficaces à lutter contre l’échec scolaire, chronophages au détriment d’autres types de travail. La nécessité de renforcer les RASED est pointée.

"Nous n’y trouvons aucun intérêt, aucune efficacité dans le traitement de la difficulté scolaire. C’est une perte de temps pure et simple qui alourdit la journée des enfants et des enseignants. Même les parents ne semblent pas dupes".

"Cet arrêt des APC doit s’accompagner d’une revendication forte pour une diminution des effectifs dans les classes, ce qui permettrait un meilleur suivi de tous les élèves et un retour de vrais Rased."

A la place des APC ... un foisonnement ! Tout ce qu’on n’a pas le temps de faire ...

« Se réunir sur notre projet d’école, sur l’organisation de nos programmations et progressions, sur la mise en place du nouveau livret d’évaluation... (maternelle) » « Avec l’équipe de maternelle, on utilise ce temps pour : faire rencontre ou bilans avec les différents stagiaires (ESPE, CAP petite enfance, ...) ou intervenant, préparation pour la mise en place des différents projets et des décloisonnements, rangement et tri dans l’école, réunion ou discussions avec les parents. »

« Pour ma part, je reçois, depuis plusieurs années, les parents avec leur enfant en entretien individuel de 30 à 45 mn en dehors du temps scolaire et j’ai toujours comptabilisé ce temps en APC sans avoir de remarques de mon IEN. »

« Ces heures ont été utilisées pour la formation du TBI (avec 1 heure supplémentaire !) ... Une heure a été l’occasion de discuter des nouveaux programmes »

« Nous utilisons le temps débloqué par les APC pour nous concerter afin de mettre en place : des projets de cycle, de programmations communes avec les nouveaux programmes, construction d’outils pour la différenciation de classe etc... Notre directrice comptabilise ces heures et nous les décompte sur notre temps d’APC. »

« Nous restons donc tous les vendredis après-midi à l’école pour travailler : le nouveau cahier de réussite, la préparation des semaines différentes...le travail en équipe !! »

« Pour celles qui arrêtent, faire vivre les bibliothèques de l’’école, projet jardinage, projet création jeux classes de grands, cahier d’évaluation. »

« Rendez-vous ou des relations informelles avec les parents ».

« Des écoles déduisent le temps d’accueil (10 min) des APC) » (Cet accueil est intégré à un projet global). « Nous pouvons utiliser ce temps pour des projets collectifs d’école : aujourd’hui par exemple nous avons préparé le programme de chants de notre chorale d’école pour la période 2 et 3. Trop bien ! »

« Pour dire la réalité ma collègue et moi ne faisons pas l’APC dans le sens \"règlementaire\" car nous utilisons ce temps pour faire passer les paliers 1 (21 élèves concernés !), faire les corrections et l’enregistrement. »

Propositions

« Selon moi, le problème n’est pas le nombre d’élèves/classe mais plutôt le manque d’enseignants : les dispositifs plus de maîtres que de classes semblent fonctionner. Il serait plus intéressant pour nos élèves de généraliser ce procédé à toutes les écoles et de le faire perdurer. »

« Perso je dis que cette heure devrait être remise à tous les élèves... ça ferait 15 minutes en plus par jour et point final... Pour les enfants en difficulté il y a le RASED... ce serait bien de doter toutes les écoles… »

Retours de ceux qui n’ont pas arrêté les APC

Dans les déclarations individuelles de ceux qui n’ont pas arrêté les APC, 97% déclarent soutenir la consigne. Dans les déclarations école de celles qui n’ont pas arrêté les APC, 80% déclarent soutenir la consigne.

a. En général

Les APC sont majoritairement considérées comme inutiles surtout en maternelle.

« Renforcer le RASED ! Ce ne sont pas les APC qui permettront de remédier aux difficultés de certains élèves. Abaisser le nombre par classe ! Comment se préoccuper de chaque enfant avec 30 élèves dans sa classe ? 1h de plus /semaine alors que nous ne trouvons plus le temps de préparer sereinement notre classe ! » Certains évoquent le fait que les APC permettent de travailler en petit groupe ce qui devient impossible sur le temps de classe. Ce temps en petit groupe est alors apprécié : ce n’est pas la panacée mais un coup de pouce certain.

Il se dégage l’impression que les élèves réussiraient mieux avec les APC en travaillant en anticipation. Les APC c’est mieux que rien au vu de la suppression des RASED.

« Je mets en place les APC quand je pense qu’elles sont utiles ». « L’APC est le seul moment où l’on peut avoir un autre rapport au travail avec des élèves en difficultés, quelles que soient ces difficultés. On peut se permettre de faire des choses impossibles par ailleurs (apprendre par des jeux dans de bonnes conditions), avoir des relations différentes. Ce moment m’est précieux »

« Pas d’arrêt des apc dans toute l’école, les enfants en ont besoin. »

b. Constats

La fatigue et la course après le temps sont aussi souvent évoquées, comme l’empilement de prescription et d’injonctions. Il apparait une forte nécessite de reconnaître le « travail invisible ». Des élèves pris en APC relèveraient de prise en charge bien plus conséquentes. La question des moyens est souvent posée ainsi que le sentiment de culpabilité quand il n’y a pas de recours ... bien sûr les RASED sont souvent cités avec une demande qu’ils puissent jouer tout leur rôle. APC utilisées dans les faits comme ...

Pour rencontrer les parents, préparer la classe transplantée, travailler en ateliers numériques, préparer construire et assurer le suivi de projets (variés BCD etc. ...), pratiquer des jeux, langage, travailler au projet d’école, renseigner le livret de réussite, accueil des parents sur les 10 mn en maternelle, temps pour s’approprier les nouveaux programmes, réunions diverses (PPRE, programmation ...), temps de concertations, assurer le suivi des élèves ... Avec souvent l’assentiment de la hiérarchie.

Propositions ...

« Ça devrait être laissé à notre libre arbitre, sans obligation. Parfois cela sert mais c’est loin d’être le cas tout le temps. ». Transformer ce temps en concertation fait parfois débat : « Je préfère être devant mes élèves qu’avoir une énième réunion obligatoire ! Nous n’avons plus de rased, alors c’est mieux que rien du tout » mais aussi

« je suis convaincue que le temps consacré aux APC surtout en maternelle serait mieux utilisé pour nous permettre davantage de travail en équipe. Cela nous permettrait aussi de nous dégager du temps pour penser et créer du matériel pour les élèves en difficultés mais également pour ceux qui n’ont aucune difficulté. »

 

14 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp-FSU 91

Maison des Syndicats

12 Place des terrasses

91034 Evry,

Tel : 01 60 77 97 70

Email : snu91@snuipp.fr


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 91, tous droits réservés.