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23 mai 2017

Déclaration du SNUipp-FSU 91 à la CAPD du 23 mai 2017

La FSU prend acte de la composition du nouveau gouvernement et regrette que la Fonction publique ne soit pas un ministère de plein exercice.

La FSU prend acte de la composition du nouveau gouvernement et regrette que la Fonction publique ne soit pas un ministère de plein exercice. De plus, l’intitulé lie clairement l’action publique aux comptes publics, en clair à la réduction des coûts et des effectifs. La disparition géographique et la dématérialisation des Services Publics contribuent à accroître le sentiment d’abandon ressenti par une fraction non négligeable de la population. Elles ne font que favoriser la progression du discours démagogique et nauséabond de l’extrême-droite.

En ce qui concerne notre nouveau ministre, le SNUipp-FSU 91 ne s’associe pas au concert de louanges dont il bénéficie ces jours-ci.

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, soi-disant issu de la société civile, n’est pas sans historique au Ministère.

Il en connait toutes les arcanes : recteur de Guyane, directeur adjoint au cabinet de Gilles de Robien en 2006, recteur de Créteil, directeur de l’enseignement scolaire (Dgesco) en 2009 (numéro 2 officieux du ministère), directeur de l’ESSEC, expert très lié à l’Institut Montaigne d’inspiration libérale...

Comme on le voit, Monsieur Blanquer n’est pas un perdreau de l’année, ce qui pourrait être un bon signal si nous avions perdu la mémoire...

Promoteur de la syllabique intégrale sous De Robien, on se souvient et on subit encore les dégâts causés par ce débat au cours duquel les recherches scientifiques ont été triturées au gré des besoins idéologiques et des règlements de compte "anti-pédagogistes".

Recasé en 2007 à l’Académie de Créteil, il revient en 2009 au Ministère et devient le grand ordonnateur des 80 000 suppressions de postes, de la destruction programmée des RASED et des évaluations nationales CE1/CM2. Oubliées la scolarisation des moins de 3 ans, l’aide aux élèves en grande difficulté et la formation des enseignant-es.

Nous devons nous souvenir que M. Blanquer souhaitait et souhaite toujours fonder ses actions sur l’évaluation, sur une méthode "scientifique" à l’anglo-saxonne.

Celles mises en œuvre en 2009, évaluations nationales en CE1 et CM2 qui devaient remonter au ministère, ont fait l’objet depuis d’un rapport sévère de la DEPP et du Haut Conseil à l’Evaluation. Ce dernier met en relief le double objet de ces évaluations, évaluation et détection des élèves en difficulté, évaluation des enseignants sur la base des résultats de leurs élèves. Nous nous étions alors opposés à cette procédure en exprimant ces craintes.

Aujourd’hui, Jean Michel Blanquer revient dans le fauteuil de ministre, avec le projet de reprendre son "ouvrage" interrompu en 2012 :

> Les créations de poste ne sont pas son credo, il les regrette même : il pense explorer d’autres voies, dont les horaires de enseignants et l’augmentation du temps de présence en établissement ;

> Il veut remettre en place l’évaluation des personnels en fonction des résultats de leurs élèves, dispositif qui est en voie d’être abandonné dans les pays qui le pratiquent à cause de ses effets négatifs,

> Il préconise le repli sur les « fondamentaux », Maths et Français, à raison de 20h par semaine pour une semaine rallongée à 26 heures.

Partisan de l’autonomie des écoles, il envisage surtout l’autorité et l’autonomie des directeurs d’école, "chefs "d’établissement au détriment de la dynamique d’équipe.

Notre ministre est un idéologue, pas un technicien. Son projet n’est pas le nôtre, ses deux premières annonces devraient le confirmer :

Après quatre années d’expérimentation du "Plus de maîtres que de classes" (PDMQDC) et avant toute évaluation de ce dispositif, il est proposé, dès la rentrée 2017, de substituer à ce dispositif des CP à effectif réduit, de 12 élèves dans les REP et REP+.

Une pétition initiée par les collègues déjà impliqués dans ces dispositifs est accessible sur le Net et demande :

"Nous sommes favorables à une réduction générale des effectifs, mais nous ne souhaitons pas que le dispositif "Plus de maîtres que de classes" serve de réservoir de postes et préférerions la pérennisation de celui-ci afin de pouvoir en mesurer les effets à moyen terme. Détricoter un dispositif dans lequel les enseignants se sont fortement engagés et qui montre ses premiers effets sur la réussite des élèves nous semble précipité. Le temps de l’école n’est pas celui du politique et les enseignants ont besoin de sérénité pour accomplir leur mission." Le SNUipp-FSU 91 invite les collègues à la signer massivement.

La deuxième, relative aux rythmes scolaires, laisserait la seule décision de modification aux municipalités.

La réforme des rythmes scolaires a dégradé les conditions de travail, désorganisé le fonctionnement des écoles et renforcé le pouvoir des maires. Laisser à ces derniers le choix de poursuivre ou non dans cette voie va accentuer les inégalités et, une fois de plus, passer outre la parole des enseignant-es.

Le SNUipp-FSU exige la remise à plat de la réforme, la concertation avec les acteurs de terrain que sont les enseignant-es et le retour à un cadrage national comme avant 2008 avec possibilités de dérogations départementales. Les rythmes, ce n’est pas sans nous !

 

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