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13 janvier 2020

Souffrances au travail : Suicide de Christine Renon, l’administration reconnait sa responsabilité !

Grâce à la mobilisation départementale et nationale de toutes et tous, Christine Renon n’a pas été "réduite" à une personne dépressive et fragile mais a été reconnue comme une enseignante professionnelle qui a vouée toute sa vie à l’éducation nationale.

La mort tragique de notre collègue sur son lieu de travail et sa lettre ont eu un impact important dans toute la profession provoquant une immense réaction par de multiples marques de solidarité (messages, rassemblement, grève...) lors de la journée du 3 octobre. Ce jour là, était réuni le CHSCT départemental où les représentant-es des personnels demandaient à l’administration de reconnaître l’imputabilité au service : ils avaient reçu un avis défavorable. Lors du CHSCT ministériel, les représentant-es des personnels ont insisté auprès du Directeur général des ressources humaines afin que tout soit mis en oeuvre pour que un tel acte ne se reproduise plus au sein de l’Education nationale.

Le SNUipp-FSU 93 a accompagné les ayant-droits de la famille pour qu’ils fassent la démarche difficile de demande de reconnaissance d’imputabilité au service afin d’obtenir la reconnaissance de la responsabilité de l’administration dans le décès de Christine.

Le courrier laissé par Chistine Renon, la mobilisation unitaire, intersyndicale, la pression de tout-es les personnel-les de l’éducation nationale et "l’ensemble des éléments versés au dossier" ont certainement été à l’origine de la décision de la DSDEN 93 de reconnaître le 11 décembre 2019 l’imputabilité au service pour le décès de notre collègue.

Grâce à la mobilisation départementale et nationale de toutes et tous, Christine Renon n’a pas été "réduite" à une personne dépressive et fragile mais a été reconnue comme une enseignante professionnelle qui a vouée toute sa vie à l’éducation nationale.

Nous devons maintenant continuer à revendiquer une amélioration des conditions de travail des directeurs et directrices d’école, des enseignant-es et plus largement des personnels de l’Education nationale.

Alors demandez votre visite obligatoire pour obliger l’administration à appliquer ses obligations en matière de santé au travail !!! 2 minutes suffisent pour le faire !!! ICI

Face à un ministre qui souhaite le bonheur d’enseignant-es qui lui feraient confiance, il faut que nous restions vigilant-es et mobilisé-es sur la question de la transformation du métier et de son cadre statutaire pour créer l’enseignant du XXIème siècle.

Il en va de l’avenir de notre profession et du service public d’éducation.

Voir aussil’article : "L’incroyable froideur de l’administration face au suicide de C Renon" sur le café pedagogique

Communiqué du SNUipp-FSU

Suicide de Christine Renon : le lien avec le travail reconnu

Christine Renon, directrice d’une école maternelle de Pantin (93), s’est suicidée le 21 septembre dernier. Sa disparition a suscité un émoi sans précédent dans la profession enseignante et au-delà. Elle a laissé un courrier bouleversant et sans ambiguïté pour expliquer les motifs de son geste. Ce courrier faisait état de la difficulté d’une directrice d’école à faire face aux multiples tâches du quotidien, dont certaines bien éloignées des missions qui lui avaient été confiées et responsables de la perte de sens de son métier d’enseignante. Elle y décrivait les difficultés d’une directrice d’école et plus généralement la dégradation des conditions de travail des enseignantes et enseignants.

Depuis, et face à l’administration, les représentants des personnels ont porté haut et fort la nécessité pour l’Éducation nationale de mettre tout en œuvre pour prévenir les actes suicidaires et éviter que de tels drames se reproduisent.

L’inspecteur d’académie de Seine-Saint-Denis a accédé le 11 décembre à la demande de reconnaissance de « l’imputabilité au service » du suicide de notre collègue, c’est-à-dire son lien avec l’organisation institutionnelle du travail.

Le ministère doit aujourd’hui prendre ses responsabilités sur la dégradation des conditions de travail des personnels et les risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, seule condition pour prévenir l’épuisement professionnel et les actes suicidaires. Cela impose de questionner l’organisation du travail et plus globalement le sens du métier.

C’est ce que le SNUipp et la FSU porteront lors du premier groupe de travail sur la prévention des risques suicidaires qui se tiendra le 10 janvier prochain au ministère de l’Éducation nationale. Il y a urgence à améliorer les conditions de travail des directrices et des directeurs d’école, comme de tous les personnels de l’Éducation nationale.

Paris, le 3 janvier 2020.

 

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