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Vous êtes actuellement : AU GRE DE LA COVID : l’Ecole à l’épreuve de la pandémie 

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19 mars 2020

A méditer...

Fabrice Charuel est enseignant en élémentaire à Lagny-sur-Marne. Il nous a livré ce matin un témoignage, un cri du cœur sur sa page Facebook. Pour ceux-celles qui ne sont pas sur les réseaux sociaux, nous vous partageons son texte. Ne participons pas à cette fracture sociale organisée par Jean-Michel Blanquer, recentrons-nous sur l’essentiel. Ne mettons pas les parents de nos élèves dans des situations anxiogènes, nos élèves sous pression.

Je suis enseignant , ma compagne aussi.

Nos enfants sont de bons élèves. Nous avons passé 4h aujourd’hui à faire les devoirs, et ça risque d’être comme ça tous les jours.

Est-ce que les enseignants se sont posés la question de la pertinence de la continuité scolaire ?

Enseigner c’est avoir une relation réelle, concrète, c’est connaître les élèves, c’est interagir avec eux. Ce n’est pas juste envoyer des fichiers, du travail, ce n’est pas juste corriger non plus.

On demande aux parents d’enseigner, de soutenir, de contrôler, d’expliquer avec leurs capacités à enseigner ou pas.

Nous on peut, on est enseignant.

On leur demande de jouer le rôle de l’enseignant, on leur demande de consacrer un temps qu’ils n’ont peut-être pas, très certainement pas, parce qu’ils ont d’autres choses à gérer. On leur demande de remplacer système scolaire qui n’est plus en place.

Peut-on demander aux parents de combler ce manque ?

C’est un métier d’enseigner. Ca s’apprend. C’est du temps. Les parents ne l’ont pas forcement même en confinement.

Et que dire des parents qui sont soignants, policiers ou pompiers, qui après leur journée de travail très difficile en ce moment doivent faire les devoirs avec leurs enfants ?

Que dire de ces parents qui n’ont pas les aptitudes intellectuelles, sociales et/ou culturelles pour enseigner, pour aider leurs enfants ?

Nous sommes en train de creuser les écarts. Est-ce que tout cela est bien raisonnable ?

Les enseignants devraient s’interroger sur les contenus, sur la quantité de travail qu’ils donnent, se dire que peut-être ce n’est pas grave si le travail n’est pas fait entièrement, si le programme n’est pas terminé. Le sacro-saint programme.

Peut-être est-il important de renforcer les fondamentaux, d’entretenir correctement ce qui a été enseigné à dose raisonnable et en pensant aux parents et non pas aux contenus.

Rien de grave peut-être dans tout ça.

Est-ce grave si nos enfants ratent certains morceaux des programmes scolaires ?

Je ne sais pas. Je m’interroge.

Alors oui, on peut travailler un peu chaque jour, mais doit on réellement compenser, remplacer l’école ?

Mais je crois qu’on devrait en profiter pour passer du temps ensemble, se soutenir, échanger, parler avec nos enfants.... Lire.... Jouer....

A voir

PS :

Quand nos enfants ne travaillent pas ou peu durant les vacances d’été, reviennent-ils complètement débiles, incultes, inaptes ?

Je ne le crois pas. Et pourtant ils ont quand même mûri, grandi.

J’aurais tellement aimé entendre notre ministre de l’éducation nationale, nous demander de passer du temps en famille, de lire ou se lire des histoires, de jouer ensemble.... de profiter de ce moment exceptionnel pour profiter les uns des autres.

Mais non, il faut produire du savoir et des connaissances évaluables.

PS2 :

Evidemment que l’on fait ce qu’on peut. On s’ajuste. On navigue à vue. Bien sûr.

Le problème vient de ces injonctions impossibles à tenir.

Mais justement dans ce cadre, restons raisonnables et gardons un œil critique sur celles-ci.

Rappelons le : cette situation est inédite pour tous. Personne ne sait comment réagir.

Et oui les enseignants sont consciencieux et font ce qu’ils peuvent. Mais de même pour les parents.

Tous dans le même bateau.

Restons souriants, cordiaux et solidaires.

Charuel Fabrice

 

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